Qui a dit que la photographie argentique était moribonde ? Il suffit de parcourir portfolio de Scott Speck pour se convaincre du contraire.
Ce photographe américain s’est spécialisé dans la photographie au sténopé ou “pinhole photography” en anglais. Le sténopé est un dispositif optique d’une simplicité extrême permettant d’obtenir un appareil photographique dérivé de la camera obscura (chambre noire). L’ appareil photographique à sténopé se présente sous la forme d’une simple boîte dont l’une des faces est percée d’un minuscule trou qui laisse entrer la lumière. Sur la surface opposée au trou vient se former l’image inversée de la réalité extérieure, que l’on peut capturer sur un support photosensible (tel que du papier photographique). Pour simplifier, on peut dire que le sténopé fonctionne de la même façon que l’œil, il capture des images inversées du visible.
Du fait de la petitesse de l’orifice permettant à la lumière de pénétrer à l’intérieur de l’appareil et de l’absence de focalisation, le temps nécessaire pour impressionner la surface photosensible est extrèmement long. Selon la taille de l’appareil et de l’ouverture, cela peut aller de quelques secondes à plusieurs heures. En revanche, ce dispositif permet une plus grande latitude d’exposition et offre une très grande profondeur de champs (presque à l’infini). Evidemment, avec de telles caractéristiques techniques, ce sont d’immenses possibilités d’expérimentation qui s’offrent à l’amateur de photographie.
Avec le sténopé, les lignes se déforment, les perspectives s’allongent jusqu’à donner le vertige, plongeant le spectateur dans un monde totalement surréel. Scott Speck ne s’y est pas trompé et il faut reconnaître qu’il maîtrise l’art photographique au sténopé comme personne. Toujours en quète de nouvelles idées et de nouveaux champs d’expérimentation, Speck a mis en oeuvre ce procédé sur des éléments d’architecture, des paysages, de la macro et même du portrait.















