Dépasser le cadre strict de la production musicale en proposant
un projet artistique global, telle était la philosophie de ce
label anglais drivé par Chris Allen et David Thompson (alias Bad Data)
qui a réussi,
grâce à cette
approche originale, à construire
son succès et à imposer sa marque de fabrique.
Car chez em:t, c'est l'identité du label qui prime sur
l'affirmation identitaire des artistes. Le packaging très
inspiré des
albums, tous distribués en version digipack, a été élaboré par
les célèbres Designers Republic. Qu'il s'agisse de l'imagerie
naturaliste, subtilement évocatrice déclinée
sur chaque cover ou du wording presque sibyllin
des noms d'albums et des titres ou encore de l'absence assumée,
édictée en règle de conduite de tout merchandising,
tout
cela a largement contribué à installer
la réputation du label et à entretenir le mythe.
Mais ces parti-pris esthétiques forts qui
ont présidé à la naissance du label, seraient
sans doute restés vains s'ils n'avaient pas été accompagnés d'un
niveau d'exigence similaire quant aux productions musicales.
Et là encore,
em:t surprenait tout son monde par son pointillisme et son originalité.
Au fil des sorties, de compilations d'artistes du
label (notamment Miasma, Gas, Woob, Qubism...) puis d'albums entièrement
dédiés à ces derniers, em:t affirmait un style
unique délivrant
une musique ambient élégante, particulièrement soignée
et inventive. Chaque enregistrement bénéficiait qui plus est, d'un traitement spécifique via le Sound Space 3-D, un
système
d'imagerie sonore en trois dimensions développé par
la firme Roland. Inutile de préciser qu'un album de chez
em:t était immédiatement reconnaissable !
Jouissant
d'une renommée grandissante, em:t ne tarda pas à voir
quelques hôtes de prestige s'inviter sur ses compilations : Scanner,
Robin Guthrie, Brian Eno, Bill Laswell, Kevin Shields et bien d'autres
se bousculaient pour prendre part à l'odyssée...
Et puis en 98, plus rien, le néant... C'est la faillite pour t:me
recording qui entraîne em:t dans sa chute. Les albums deviennent de précieux collectors et quelques fidèles s'évertuent à perpétuer la légende.
Fin de l'histoire ?
Pas vraiment.... Car, après plus de cinq années de silence,
le label renaît de ces cendres sous l'appelation "em:t
records". Une première compilation est éditée fin 2003. Un
digipack dans la parfaite continuité de ceux qui ont jalonné la prestigieuse collection où l'on retrouve d'ailleurs quelques artistes ayant participé à l'aventure
initiale (Gas, Beatsystem, International People Gang) aux côtés
de nouveaux arrivants comme High Skies, Brannan Lane, Chushen & Cugin
et Richie Warburton...
Ce retour sur le devant de la scène a depuis été confirmé par la sortie d'un autre florilège (em:t 0004) ainsi
que de trois albums d'excellente facture (gel-sol 1104, 302 acid 0005 et gaudi:testa1105). Heureuse surprise pour tout ceux qui aurait pu en douter : la magie em:t est fidèle au rendez-vous, le feu sacré brûle toujours et l'on se laisse aller à (re)découvrir ce label singulier qui esquisse par petites touches des paysages sonores vibrants et qui réveille avec délicatesse des sonorités que d'aucuns pensaient à jamais éteintes.
Pour en savoir plus :
Le site officiel du label em:t records :
http://www.emitrecords.com/
Les archives du label em:t originel :
http://www.emit.cc/
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