C'est une belle nuit tranquille. Pas loin d'1h30 du matin, seul dans le lit.

Les yeux mi-clos, j'ai posé la tête sur le bord de l'oreiller cotonneux, le regard paisiblement tourné vers la fenêtre entrouverte.

L'air est frais et la chambre s'est emplie d'une douce torpeur. Mon corps, laissé à l'abandon sous la couette s'est engourdi progressivement. J'entends mon souffle cadencé se mêler à celui du vent léger qui vient caresser les rideaux et les faire onduler délicatement. Un frisson me secoue : cette nuit encore, le sommeil semble vouloir jouer les capricieux. Mais, ce soir, il n'y aura ni tourments ni larmes, juste une tendre mélancolie et des centaines d'images qui se bousculeront dans ma tête et je ne lutterai pas...

Mes paupières se ferment emportant derrière elles tout ce fatras intérieur. Presque mécaniquement, je bloque ma respiration comme il m'arrive parfois, sans raison, de le faire : petit sourire d'ailleurs pour un tendre souvenir partagé [je le garderai pour moi, celui-là ;-) ]. Me voilà apaisé et je me laisse tout entier pénétrer par ces sons qui m'enveloppent : ici, un tissu qui se froisse, dehors, au loin, quelques branches qui frémissent sous la brise, là, une pluie fine qui crépite sur le sol (et dire que nous sommes en plein mois de juillet :-( ). A cet instant, je me sens bien, en parfaite harmonie avec moi-même. Je deviens le monde, étrange sensation de n'être plus rien mais d'être tout à la fois. Je me sens terriblement vivant !

Les bruits s'estompent et mes paupières s'écartent à nouveau. Une légère rafale vient de soulever les rideaux et quelques traits de lumière pâle ont saisi l'aubaine pour se faufiler dans la pièce. Les lueurs blanchâtres glissent avec grâce le long du lit et viennent même, l'espace d'un instant, lêcher ma joue droite. Mon esprit malicieux se prend à y déceler un signe, de nouvelles promesses... Qui sait ?

C'est bercé par cette exquise éventualité, que je me laisse lentement gagner par le sommeil...