Par Fred,
jeudi 31 mai 2007 à 15:34 Posté dans : Musique & son
Je m'étais promis de vous parler du troisième album de The Cinematic Orchestra, figure de proue du label Ninja Tune.
"Ma Fleur" marque un vrai changement de cap pour ce groupe britannique qui a toujours su mêler avec bonheur jazz, musique de film et sonorités électro.
Une des évolutions notable par rapport aux livrées précédentes est l'abandon pur et simple des samples qui avaient donné une saveur si particulière aux albums précédents "Motion", "Everyday" et la parenthèse "Man with a movie camera".
Jason Swinscoe, le fondateur du groupe, s' est clairement recentré sur l’écriture et sur la façon dont les différents éléments - guitare acoustique, voix - pouvaient être combinés entre eux. L'électronique n'est pourtant pas totalement abandonnée mais elle est mise au service des sources acoustiques en leur conférant une nouvelle couleur et une nouvelle texture.
L'autre changement majeur, c'est évidemment la tournure plus pop prise par ce nouvel opus qui ne manquera pas de dérouter les puristes et les fans les plus intégristes. Par le passé, le groupe n'avait que rarement flirté avec les voix (et les textes) : elles sont ici placées au centre des compositions. Les mélodies sont aussi plus marquées, les thèmes plus présents sans pour autant basculer dans le cliché de la bande originale de film.
Les bases de ce nouvel album ont été jetées à Paris (d'où le titre de l'album en français) puis le travail s'est poursuivi à New York où Jason a fait appel aux voix de Fontanella Bass, qui était déjà sur le précédent album, de Lou Rhodes du groupe Lamb et du jeune Canadien Patrick Watson, nouveau venu au sein de la formation, dont la voix n'est pas sans rappeler celle de Chris Martin, Coldplay. Il ouvre d'ailleurs magistralement l'album avec le titre minimaliste "To build a Home" : un piano, une voix et une contrebasse pour un pur moment de bonheur et d'émotion.
Au final, les onze titres de l'album composent un magnifique bouquet coloré. Le jazz rêveur et les ambiances envoûtantes du Cinematic Orchestra sont naturellement toujours bien présentes mais elles se voient désormais teintées d'une sensibilité à fleur de peau et d'une poésie énivrante confirmant ainsi la capacité du groupe à négocier des virages artistiques et esthétiques sans y perdre son identité.
Par Fred,
dimanche 6 mai 2007 à 10:30 Posté dans : Musique & son
La radio en ligne 5TFU propose un concept innovant : vous n'y entendrez que des morceaux de musique anonymes (uniquement identifié par un numéro), envoyés par qui veut et piochés de façon aléatoire. Pas totalement aléatoire en fait, puisque le classement des tracks est "autogéré" : une track zappée par l'auditeur perd un point, une track écoutée en entier gagne un point et voit donc sa côte de popularité augmenter. Le morceau est alors susceptible d'être diffusé plus souvent.
La playlist est très variée puisqu'on peut passer d'un rock tendance punk à de la techno destructurée. Et si on aime, on peut même télécharger le mp3 !
Par Fred,
jeudi 26 avril 2007 à 10:31 Posté dans : Musique & son
Some Assembly Required
est à la fois une émission de radio et un podcast hebdomadaire. Produit par Jon Nelson, ce programme est dédié aux expérimentations musicales et aux collages sonores, le matériel de base étant la plupart du temps de bons vieux vinyles triturés sur la platine. Le résultat est vraiment rafraîchissant avec, chaque semaine, une heure de musique variée et bien frappée.
Par Fred,
dimanche 1 avril 2007 à 11:20 Posté dans : Musique & son
Une expérimentation originale du français Julien Lassort, étudiant à l’École supérieure de l’image de Poitiers. Son site, breaking-phone.com, reprend le principe du téléphone arabe afin de mettre à jour les mécanismes de la désinformation.
Véritable prodige de la toy & chiptunes
music, issu de la scène techno underground, le français Julien
Daigremont aka Computer Truck produit une musique électronique rétro
futuriste particulièrement ludique et inventive.
Pour se faire, il n'hésite
à détourner les jouets de notre enfance : dictées
et livres magiques, petits
orgues électroniques passent
dans les mains de ce musicien-bricoleur de génie et en ressortent
transformés sous l'action d'une chirurgie électronique
dont l'objectif avoué est d'ajouter des
possibilités de modulation, de déformation et de
mise en boucle des sons produits par ces étranges bestioles
qu'on aurait cru retombées au rang de vestiges ringards.
Cette pratique "transformiste" porte même un nom
: le "circuit
bending", c'est à dire l'art de "courber
les circuits électroniques" ou si vous préférez, la
recherche du court-circuit créatif
afin de produire de nouveaux sons.
Pour vous initier à cette musique parsemée de sons issus
de gadgets trafiqués et de bruitages de jeux vidéos, je vous
invite à écouter
l'album de Computer Truck : "Rock
the boulevard, reach the bourgeois" qui est téléchargeable
gratuitement sur le site du label Da ! Heard It Records.
Les seize morceaux de l'album balancent entre techno entêtante et
hip hop enragé évoluant au rythme de variations incessantes.
Toujours
cheap mais jamais toc, la musique de Computer Truck agit comme une madeleine
de Proust et nous transporte au pays des souvenirs émus de
ces sonorités qui ont marqué notre enfance.
Par Fred,
mercredi 27 septembre 2006 à 17:41 Posté dans : Musique & son
Sacrée gageure que de réunir sur un même album Prince, Bob Dylan, AC/DC, Kiss, Joy Division, Scott Walker et Depeche Mode...
C'est pourtant de ces rapprochements contre-nature qu'est né "Melody Mountain", un album de reprises impropables, véritable ovni sonore que nous livre Susanna Wallumrod et Morten Qvenild.
Le duo nordique du label "Rune Gramoffon" y revisite, y réinvente même 10 standards du rock de ces dernières décennies.
Parmi les 2 plus belles réussites de cet album, on citera la reprise de "Love will tear us apart" de Joy Division (en libre écoute juste un peu plus bas) et celle du "It's a long way to the top" d'AC/DC qui suffiront à convaincre les plus sceptiques d'entre vous.
Susanna, en parfaite diva norvégienne , nous glisse à l'oreille, de sa voix fragile et cristalline ces textes simples, dépouillés qui, dans sa bouche, paraissent s'animer d'une vie nouvelle ; tandis que Morten, en paysagiste sonore averti, distille de subtiles arrangements, tout en retenue minimaliste et en mélodies nuancées, au clavier, à l 'harmonium ou au vibraphone. Les notes s'égrennent une à une formant un tapis soyeux et délicat, sur lequel la voix de Susanna semble littéralement flotter.
L'instant est magique et l'auditeur, déjà en apesanteur, frissonne...
Un conseil : si vous ne devez vous procurer qu'un seul album cet automne, c'est assurément celui-là.
Les applications en ligne qui vous permettent de créer de
la musique ou même, plus simplement, de manipuler du
son ne sont pas franchement légions sur la toile. En
la matière, le web paraît en être encore à ses balbutiements
même si nous avions déjà évoqué sur
ce blog certaines initiatives intéressantes comme Ninjam.
Le site Databaseaudio référencie
tout de même plus de quarante
appplications de ce type allant de la plus sérieuse à la
plus fantaisiste.
Personnellement, j'avoue avoir eu un petit coup de coeur pour deux
d'entre elles :
Pianolina tout
d'abord qui est un piano virtuel au concept résolument original et "I
know where Bruce Lee lives", une sorte de boîte à sons
et à images complètement délirante.